Débris 

Texte : Dennis Kelly

traduit de l’anglais par Philippe Le Moine et Pauline Sales 

Jeu et mise en scène :  Julien Kosellek et Viktoria Kozlova 

“Débris : restes d’un objet en partie brisé ou d’une chose en partie détruite”. Telle est la définition du mot dans le dictionnaire. Tel est le nom que donne Michaël à l’enfant trouvé dans un local poubelles. Tel est le titre de la pièce de Dennis Kelly, un auteur anglais à l’écriture féroce, interprétée et mise en scène par Julien Kosellek et Viktoria Kozlova. 

« Au commencement, Il y a Dieu et il s’emmerde…  » 

Et c’est sans doute pour cette raison qu’il se distrait en imaginant une vie des plus compliquées à Michelle et Michaël, frère et soeur à la résistance hors du commun et heureusement !  

Sur le plateau, un espace carré, délimité par des plaques de bois qui en font un espace exigu où traînent des objets disparates et un ou deux fauteuils d’enfant. Dans le désordre, deux personnages retrouvent des accessoires, mettent en marche une régie de fortune et s’occupent l’un pour l’autre soit des lumières, soit de la musique. 

Au commencement, il y a la “suicifixion” du père, puis le décès de la mère qui meurt en avalant de travers un os de poulet. Partant de la fin tragique de leurs parents, Michelle et Michaël, remontent leur histoire. Mêlant les vrais souvenirs et en inventant d’autres totalement irréalistes, le frère et la soeur, devenus adultes, fantasment le récit de leur enfance. Ils en font dans un jeu théâtral plein d’imagination et parfois totalement délirant, une histoire extraordinaire aux multiples facettes. En découvrant dans la poubelle, alors qu’il est adolescent, un enfant abandonné, Michaël découvre l’amour jusque-là absent de sa vie. En surnommant l’enfant Débris, sa soeur et lui parviennent à transformer les débris de leur propre histoire, à les habiller de poésie et d’humour noir, finissant ainsi par s’approprier la réalité insoutenable de leur enfance. 

Un théâtre qui ne dissimule rien et privilégie la rencontre

Dans un jeu direct, Julien Kosellek et Viktoria Kozlova apostrophent les spectateurs, demandent leur avis. Jouant sur le récit d’une réalité aux contours très flous, avec des souvenirs qui se contredisent, les deux comédiens finissent par nous entraîner vers des expériences émotionnelles qui ouvrent le questionnement. Vers quelles expériences nous conduit la naissance des enfants ? Pourquoi et comment venir au monde ? Comment dépasser le cadre social dur dans lequel naissent certains enfants face à ceux qui vivent dans un milieu plus favorisé ?  Dans ce récit de Donald Kelly à l’écriture nerveuse et brute, les contradictions, l’absurde peuvent conduire à la folie. L’effroi et la violence d’un réel sans tendresse vécus par les enfants se racontent avec un humour grinçant qui permet la distance et surtout la capacité de vivre.       

Les récits familiaux portés par les deux comédiens et soutenus par une musique des années 80 qui réveille les souvenirs, se tricotent. Les photos de famille et les images projetées au début (un travail iconographique de Paola Valentin), représentent la tentative d’organisation du paysage imaginaire des enfants et finissent par faire naître un sens logique dans ce récit de vie et par trouver comme un écho dans la mémoire du spectateur.

Sur la scène, à la fin du spectacle, les images, la musique disparaissent pour laisser la place à une parole apaisée du frère et de la soeur qui, au-delà de la violence vécue, disent et partagent une tendresse qui reste la seule arme de nos humanités.

Débris 

Texte : Dennis Kelly

Traduit de l’anglais par Philippe Le Moine et Pauline Sales 

Jeu et mise en scène :

Julien Kosellek et Viktoria Kozlova 


  • Collaboration artistique : Sophie Mourousi 
  • Musique:  Ayana Fuentes Uno 
  • Travail photographique : Paola Valentin 

Durée estimée 1 h 30

CALENDRIER 2022 

  • Du 25 janvier au 6 février 2022 à La Reine Blanche (Paris) 
  • 13 mai 2022 à La Grange Dîmière (Fresnes) 
  • 3 juin 2022 au Théâtre Jean Arp (Clamart) 

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