Théâtre - D'après "L'abolition des privilèges " de Bertrand Guillot Adaptation &Mise en Scène : Hugues Duchêne

L’abolition des privilèges

D’après L’Abolition des Privilèges de Bertrand Guillot
Adaptation et mise en scène : Hugues Duchêne


Nuit du 4 Août 1789. La Nuit de l’Abolition des Privilèges. Faire écho  à un contexte politique contemporain: abolition des privilèges sous l’Ancien Régime, mais cela a-t-il changé ? En apparence seulement. Aujourd'hui, cela passe encore et toujours par les impôts, et puis la taxe carbone et les réclamations des Gilets Jaunes…Donc encore et toujours la refonte du système …Un spectacle intelligent, décapant et drôle !  

4 Août 1789. Versailles

Dès l’entrée dans la salle de théâtre, une surprise: la scène au centre et une disposition des spectateurs quadrifrontale…J’entends un des placeurs qui propose à un de ses confrères d’asseoir un spectateur du côté des Nobles. Les Nobles tiens ?…Un écran de télévision sur la droite accroche le regard et s’anime tout à coup : un comédien filmé marche dans la rue du Paris actuel et nous précise la date d’aujourd’hui : nous sommes le 4 août 1789 !…Il arrive dans la salle, pose son micro et son portable… Prenant place sur la scène centrale entourée par les spectateurs, il nous précise, à nouveau, que nous sommes dans la nuit du 4 Août 1789… Il nous présente, assis sur la scène et face à nous, le groupe des Nobles, toujours sur la scène, à droite, ce sont les représentants de l’Église et à gauche les orateurs. Face aux Nobles, dans la salle du théâtre, face à la scène, tout à fait spectateurs, est assis le Tiers État. Plus tard, assemblés près de l’entrée les journalistes apparaîtront, prendront des notes et compteront les points ! L’acteur est toujours tout seul. On comprend qu’il jouera tous les rôles. Dans la salle ou sur la scène,tous les spectateurs font partie de cette assemblée, ancêtre de l’Assemblée Nationale et qui, en ce 4 Août 1789, prendra la décision d’abolir les privilèges.

“L’avenir de la Nation est au-dessus des hommes…”

“C’est une chance d’être Français, c’est un privilège” disait Nicolas Sarkozy en 2016, encore avant lui, en 2012, François Hollande pensait être “le président de la fin des privilèges” et ils n’ont pas été les seuls présidents à s’engager sur les privilèges à abolir ou non. Cette réflexion n’a rien de nouveau puisque la décision d’abolir les privilèges d’un système encore féodal a été prise le 4 Août 1789. Réunis en assemblée, raconte le comédien, nobles, clergé et tiers état sont prêts à en découdre les uns avec les autres. Parmi les orateurs Mirabeau, Talleyrand, certains grands évêques de France, mais aussi des paysans élus de Bretagne ou du Nord de la France. Tous sont là pour défendre point par point leurs revendications ou conserver leurs privilèges. Au centre du plateau et en meneur de jeu, Maxime Pambet, un comédien remarquable d’aisance et maniant un jeu subtil et généreux qui ne retombe jamais, va incarner une dizaine de personnages et évoquer l’ambiance de l’assemblée. L’auteur du livre d’origine, Bertrand Guillot, a écrit un texte précis et très documenté dont la richesse transparaît dans l’adaptation et la mise en scène élégante de Hugues Duchêne, mais aussi dans une scénographie et des décors qui le sont tout autant.

L’Histoire en marche

Ici le jeu de l’acteur s’apparente à un sprint précise le metteur en scène Hugues Duchêne. La rapidité de la parole et des changements de personnages sont portés par une énergie sans défaut de Maxime Pambet qui passe d’un rôle à l’autre avec une rapidité déconcertante. Il passe des réflexions de l’ensemble des journalistes aux groupes des politiques de l’assemblée. Des personnages précis comme le Duc de Noailles ou d’autres imaginés donnent corps peu à peu à la réalité socio-politique de cette assemblée, dans la France de la fin du XVIII° siècle. L’acteur joue sur les différents accents des régions françaises de l’époque, sur le discours ampoulé des nobles ou des représentants de l’Église. Rapidité des propos, des situations et des actions et une énergie qui ne se relâche jamais. L’abolition des privilèges qui marquera la fin de cette journée d’août 1789 conduira à une accélération et débouchera sur la Révolution Française qui signera en 1793, l’arrêt de mort du pouvoir royal.
Pourtant ce spectacle souvent très drôle, qui souligne les carences du pouvoir et l’exagération des privilèges reste d’un étrange optimisme. Une incursion dans notre XXI° siècle nous rappelle que la refonte du système est toujours d’une actualité impérieuse même si l’on peut espérer que “ce spectacle sera un jour, [lui aussi] un spectacle de l’Ancien Régime” ! J’ai fait partie, quant à moi, du groupe du Tiers État. Pour la première fois, j’ai eu l’impression de jouer un rôle politique important, mais je n’ai rien dit, j’ai noté !


L’abolition des privilèges

D’après “L’Abolition des Privilèges” de Bertrand Guillot (Edition Les Avrils)

Adaptation et Mise en Scène : Hugues Duchêne

Avec : Maxime Pambet

  • Régie son, lumière, générale : Jérémie Dubois
  • Création vidéo : Pierre Martin
  • Scénographie : Julie Camus

Durée estimée : 1 h 15


Théâtre 13 – Bibliothèque – 75013 Paris

Du 20 mars au 30 Mars 2024 – 20 h ou 18 h (vérifier horaire)

TOURNÉE DÉCENTRALISÉE

11 avril 2024 – Salle communale – Houplines (59)
12 avril 2024 – Salle communale – Annœulin (59)
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11 mai 2024 – Com de com des lisières de l’Oise – Attichy (60) / Maison de la Culture d’Amiens
31 mai 2024 – Salle communale – Erquinghem (59)
01 juin 2024 – Salle communale – Neuville en Ferrain (59)

TOURNÉE 2024-2025 : en cours de construction

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