Karen BLIXEN (1885 -1962) 

L’œil de la souris

Karen BLIXEN (1885 -1962) Au centre d’une vie, l’Afrique… 

Les recherches de la souris

“ La ligne de l’Équateur passait dans les montagnes au Nord ; mais nous étions à deux mille mètres d’altitude. Au milieu de la journée nous avions l’impression d’être tout près du soleil, alors que les après-midi et les soirées étaient frais et les nuits froides (…) Paysage dépouillé, aux lignes allongées et pures (…) Ce paysage avait la teinte sèche et brûlée de certaines poteries.” 

La ferme africaine

Dans “La ferme africaine”, roman paru en 1937, c’est ainsi que Karen Blixen décrit l’endroit où elle vécut au Kenya. Dix sept années passées dans ce pays où elle arrive de son Danemark natal en 1914, pour épouser le Baron Von Blixen-Finecke. Écrivaine ? Non, elle n’y avait jamais pensé avant son retour au Danemark, totalement ruinée et tout à fait désespérée. Entre son père, le Capitaine Wilhelm Dinesen qui la surnomme Tanne et sa mère Ingeborg, suffragette luttant pour la liberté des femmes, la jeune Karen reçoit la meilleure éducation, dans un milieu aisé.

Enfant, elle est la compagne de promenade de son père qui lui transmet son amour de la nature et de la chasse tout en l’entretenant de questions existentielles. Karen est âgée d’à peine neuf ans quand il se suicide par pendaison à Copenhague.  En grandissant, la jeune Karen devient une familière du beau monde aristocratique et c’est ainsi qu’elle rencontre deux petits cousins suédois, barons et jumeaux : Hans et Bror Blixen-Finecke. Elle tombe follement amoureuse de Hans qui reste totalement indifférent à ses sentiments et elle finit par épouser Bror. Un oncle du jeune homme revenant d’un safari au Kenya parle aux deux jeunes gens de la beauté du pays. Aventures vers l’inconnu, opportunité de fortune. Ils décident de se marier. Les relations de Bror avec la haute noblesse suédoise à laquelle il est rattaché et la fortune de la famille de la jeune Karen scellent leur mariage et leur association dans une plantation de café qu’ils achètent au Kenya. 

L’Afrique

14 Janvier 1914. Karen débarque à Mombasa, ville portuaire du sud du Kenya. Bror n’est même pas venu l’accueillir à son arrivée, mais elle l’épouse dès le lendemain. Ils s’installent à la ferme Mbogani à dix kilomètres au sud-ouest de Nairobi. Ils finissent par divorcer en 1925. Bror n’a plus de fonction dans la gestion, Karen pense pouvoir redresser les difficultés financières de la plantation . 

En 1918, Karen a rencontré Denys Finch Hatton, pilote de l’armée de l’air britannique et guide de safari. Les relations entre eux sont parfois orageuses, mais pour Karen, cet homme est l’amour de sa vie. Érudit et charismatique, Denys l’encourage à écrire. Leur histoire durera jusqu’en 1931. Entre temps, Denys Finch Hatton a quitté Karen et meurt dans l’accident de son avion personnel. 1931 est également l’année où la ferme tant aimée est placée en liquidation puis vendue. Karen Blixen quitte alors définitivement l’Afrique et repart au Danemark.  Sous les pseudonymes d’Osceola, Isak Dinesen et Pierre Andrézel ou sous son vrai nom Karen Blixen écrit ses premiers textes. Financièrement ruinée, sentimentalement désespérée et sans avenir, “personne n’a payé plus cher son entrée en littérature”, dira-t-elle. En dépit de son œuvre littéraire importante par la suite, cette ferme en Afrique restera au centre de son imaginaire. 

“Un vaste univers de poésie s’est ouvert à moi et m’a laissée pénétrer en lui (…). J’ai plongé mon regard dans celui des lions et j’ai dormi sous la Croix du Sud, j’ai vu les grandes plaines être la proie des flammes, alors qu’y poussait une herbe verte et tendre après la pluie, j’ai été l’amie de Somalis, de Kikuyus et de Massaï, j’ai survolé les Ngong Hills  et “ j’ai cueilli la plus belle rose de la vie”.   

Karen Blixen
Karen blixen

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