Le Cri d'Antigone. Création Loïc Guenin 2022

Le cri d’Antigone

Livret et composition : Loïc Guénin 

Mise en scène : Anne Montfort

Qui ne connait pas Antigone ? Symbole de résistance, de révolte, de rébellion, elle incite à réfléchir sur le devenir féminin et de l’humanité. Envisagée de plusieurs manières par de multiples auteurs (des hommes pour la plupart), souvent liée à leur contexte historique, elle est cette figure tragique et combattante, héritière malheureuse de l’histoire des Labdacides. Dans le livret et la composition de Loïc Guénin et dans une mise en scène d’Anne Montfort, le personnage d’Antigone revient sous une forme musicale, tel un opéra furieux et sensuel.

Am I a body ?

Le Cri d'Antigone. Création Loïc Guenin 2022
© Vincent Beaume

Œuvre composée par le musicien Loïc Guénin, Antigone passe donc sous les cadences de la dramaturgie des harmonies et des notes,  inspiré aussi par la version romanesque d’Henry Bauchau qui a mis l’accent sur le sens politique de la confrontation entre la jeune femme et Créon. Jusqu’ici l’avant XIXe siècle insistait particulièrement sur le dévouement familial de l’héroïne. Grace à Bauchau, elle devient une figure insoumise face à un pouvoir, le plus souvent, patriarcal. Ce choix permet de renvoyer au milieu du spectacle à un échange contemporain autour du féminisme au XXIème siècle.

« Am I a body ? » clame l’excellente comédienne chanteuse Elise Chauvin. La question se pose, celle de représenter uniquement un corps emmuré et souffrant mille morts. Les musiciens qui l’accompagnent (organes mélodieux et dissonants) sont en fait dans sa tête. Tout comme l’artiste Maya Le Meur qui enduit de peinture blanche les 6 tableaux noirs de cette épopée sonore qui cernent Antigone/Elise.    Les spectateurs complices (recrutés sur place) composent le coryphée et ne peuvent lui apporter de réponse, lui rappelant qu’elle a transgressé les lois de Thèbes. L’aspect de la vierge absolue proposée comme modèle aux jeunes filles récalcitrantes au statut féminin pouvaient ainsi exister sans trop déranger la cité, ici le refus de se soumettre existe au nom d’une foi dépassant l’humaine condition.

Il faut parler, il faut agir !

La transformation devra avoir lieu coûte que coûte. Le début du spectacle présente une personne qui cherche sa place dans la vie et dans le débat permanent proposé par l’existence. Les moments musicaux solos comme la contrebasse ou le violon permettent d’apporter cette pause nécessaire dans l’esprit de la jeune femme qui a déjà traversé un enfer en accompagnant Œdipe, son père/frère aux yeux crevés, puis en s’agenouillant sur la tombe de son frère Polynice qu’elle creuse de ses mains. Il faut parler, il faut agir, chante-t-elle. Cette société ne lui laisse pas de temps de douter, dans un monde où l’autre est sans cesse pressé d’avoir une opinion, une certitude. La forme du spectacle accentue cette dimension, via une musique vigoureusement rythmée et intense. Soumis aux caprices du temps, le mythe d’Antigone nourrira encore et encore des siècles de transcriptions.  Éternelle Antigone qui défie les lois viriles de la haine et nous éclaire depuis des millénaires, face aux millénaires à venir.

Le cri d’Antigone

Livret et composition  : Loïc Guénin 
Mise en scène :  Anne Montfort 

  • Maya Le Meur : artiste peintre
  • Vincent Beaume : création et régie lumière 
  • Yoann Coste : création et régie sonore 
Avec : : Elise Chauvin : voix

Musiciens :

  • Alice Piérot : violon
  • Eric Brochard : contrebasse et conception patch max
  • Fabrice Favriou : guitare électrique, pédales d’effets
  • Loïc Guénin : composition, direction artistique, percussions et électroacoustique
  • Vincent Lhermet : accordéon

Durée : 1 h

Vu le 12 mai 2022 dans le cadre du Festival Propagations à La Friche la Belle de Mai – Petit Plateau – Marseille

Friche la Belle de Mai
41 Rue Jobin -13001 Marseille

Tournée :  en cours de construction


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