Bart & Balt Compagnie Mark et les gars

Bart et Balt

Texte : Stéphanie Chevara, Barthélémy Goutet, Balthazar Gouzou

Mise en scène : Stéphanie Chevara

Dans toutes les disciplines…Ils ont dit qu’ils seraient sélectionnés dans toutes les disciplines des Jeux  Olympiques !…De la folie, c’est sûr ! Pourtant avec Bart et Balt, il ne faut s’étonner de rien. Et puis au théâtre en plus, tout est possible !
Dans une écriture au plateau proposée par les comédiens Barthélémy Goutet, Balthazar Gouzou et la metteure en scène Stéphanie Chevara, est née “Bart et Balt”, une comédie déjantée et pleine de tendresse autour du sport. Un sujet rarement traité au théâtre. 

Bart et Balt : un jeu théâtral de sportif

Dès l’entrée des spectateurs dans la salle, assis dans un coin du plateau, il soliloque, interpelle et fait des commentaires sur les personnes qui s’installent, sur la chaleur dans la salle et en fait sur tout ce qui lui passe par la tête. Lui c’est Bart bientôt rejoint par son complice Balt. Ces deux-là se sont bien trouvés : ils adorent le sport et leur ambition première est de pratiquer tous les sports afin de s’inscrire dans toutes les compétitions, aux prochains Jeux Olympiques. Rien de moins !

À partir de cette idée provocatrice, Bart et Balt – le raccourci du prénom des deux comédiens, Barthélémy Goutet et Balthazar Gouzou a donné le titre au spectacle – vont s’échauffer physiquement, s’échauffer aussi en se provoquant et en s’apostrophant. Portés par les mots, les revendications et les désaccords, dans un mouvement perpétuel des corps qui essaient de se surpasser physiquement, la préparation va bon train.

Pourtant, la participation aux jeux n’est pas une fin en soi. Loin de ces sportifs médiatisés et adulés du public, l’histoire de Bart et Balt est bien différente. Au-delà du récit fictif, la fable naît de l’expérience réelle des comédiens. À l’âge de 19 ans et alors qu’il débute au théâtre, on diagnostique à Barthélémy Goutet une spondylarthrite ankylosante.
La maladie aurait pu le paralyser et l’handicaper, mais en découvrant les arts martiaux au cours d’un stage sur le combat scénique, il découvre aussi le goût de la pratique du sport au quotidien. Les crises inflammatoires s’espacent, le corps se muscle et la souffrance diminue. Les arts du cirque, le théâtre de rue, la danse deviennent l,es registres habituels et les bases d’un travail théâtral polyvalent.
Après avoir essayé le football, le judo, le tennis, la capoeira, la boxe, la natation, Balthazar Gouzou découvre, quant à lui, le rugby. Après beaucoup d’os cassés, quelques muscles déchirés et des fractures qui se succèdent, la carrière sportive de haut niveau s’interrompt brutalement à dix-huit ans. Pour lui aussi, la pratique sportive devient la base de son jeu théâtral. Accélérations, arrêts et tout à coup une grande douceur dans l’expression. Le parcours croisé de deux comédiens entravés dans les espoirs d’une carrière sportive de haut niveau pour l’un et par la perspective d’un handicap corporel pour l’autre, a joué un rôle déterminant dans le développement de leurs carrières et de leurs choix théâtraux. L’un face à l’autre, Bart et Balt s’encouragent, se répondent ou s’opposent. En quelques fractions de seconde, les corps accompagnent chaque intention de jeu, les mots devenant parfois inutiles.

Bart & Balt Compagnie Mark et les gars
© Théophile Pouillot-Chévara

Des imaginaires loufoques

La thématique du sport est très rarement mise en scène au théâtre et pourtant ici le sport est un élément physique déterminant qui infléchit tout le jeu théâtral, du mouvement des corps à la construction du texte. Les deux comédiens et Stéphanie Chevara, la metteure en scène du spectacle ont tous les trois co-écrit le texte au plateau.

Aucun pathos dans le récit des maladies traversées qui ont donné naissance à la pratique d’un théâtre en mouvement original, rapide, surprenant et basé sur l’expérience sportive des deux comédiens. Dans ce duo burlesque est mise en avant la vitalité des deux hommes face à l’adversité. D’un côté, il y a la vitalité exubérante , l’imaginaire loufoque des situations et de l’autre la précision des déplacements, basés sur la connaissance approfondie des techniques sportives de chacun. Ce sens du mouvement se prolonge par une mise en scène précise où affleure parfois la tendresse.

La mise en scène de Stéphanie Chévara inscrit le jeu des acteurs dans la précision des déplacements et des choix dramaturgiques. En contrepoint, face aux délires de situations parfois improvisées, la scénographie apporte un cadre rigoureux: on passe de scènes et d’entretiens qui se déroulent à l’hôpital à des salles de boxe ou à des gymnases où se déroulent les exercices les plus fous. Le texte bondit en même temps que les roulades et les exercices d’équilibre ou au contraire se ralentit pour évoquer la douleur ou les rencontres avec l’autre. Les dialogues dans la pièce évoquent parfois les phrases des enfants qui rêvent avant de découvrir que tout ne sera pas possible, en raison des échecs et des empêchements que la vie ne manque pas de poser sur nos chemins. Imaginer, courir, se contorsionner, danser et faire des roulades ensemble sont pour Bart et Balt les meilleures façons de se sentir libres. Raconter une histoire passe par les mots certes mais pour nos deux compères, cela passe en premier par le corps.
“Bart et Balt” a été crée au mois de septembre de cette année. Il est repris au Plateau 31 à Gentilly, à deux pas de Paris, pour quelques dates en décembre et un conseil, ne ratez pas ce spectacle !


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