D’après José Sanchis Sinisterra 

Traduction: Angeles Munoz

Adaptation et mise en scène : Lionel Sautet 

Ay Carmela !

D’après José Sanchis Sinisterra 

Traduction: Angeles Munoz

Adaptation et mise en scène : Lionel Sautet 

L’homme a bu. Désespéré, il ne sait que faire et il erre dans ce lieu déserté et meublé de sa seule valise. Une femme arrive dans le noir. Ay Carmela !…Paulino la retrouve enfin, l’amour de sa vie… “Ay, Carmela” un long flash back, une pièce drôle et pleine d’émotion qui passe du rire au tragique pour nous raconter la grande et la petite histoire de l’Espagne au temps de Franco…  

“On est des artistes nous, non ?…”

L’homme a bu. Une femme arrive dans le noir. Avec elle revient la vie, le chant…La voix de Carmela enfin !…Ay Carmela !…
Non le théâtre est vide, c’est son fantôme qui vient réveiller à nouveau leurs connivences, leurs jalousies et leurs désillusions…Carmela et Paulino.Tous les deux sont comédiens et chanteurs, ils attendent la gloire, la reconnaissance…Cela prend du temps et en attendant il faut gagner sa vie ! Et dans l’Espagne de 36, rien n’est évident !  Pour Paulino, c’est très simple ! “On est des artistes nous, non ? Alors la politique on s’en tape ! On fait ce qu’on nous demande, et puis c’est tout !” Capturé par les troupes franquistes, le duo a été contraint de jouer devant un parterre d’officiers et face à des brigadistes internationaux condamnés à mort le lendemain  et à qui les franquistes offrent un dernier spectacle.  Dès le début de la pièce, tout est fini. Paulino traîne dans le théâtre vide. Carmela lui manque, elle a été tuée car elle ne s’est pas contentée d’être une artiste et de faire ce qu’on lui demandait.

© le bandit manchot

Du rire au tragique, le souffle de la résistance

Paulino refuse de voir la réalité et se plaint toujours, Carmela fait de leur vie un espace d’échange, de drôlerie et de créativité. Paulino s’accommode des fascistes par nécessité vitale, Carmela s’interroge et finit par s’y opposer. La pièce passe du rire au tragique et n’occulte aucune interrogation sur la mise en place du franquisme en 1936 qui annoncera la seconde guerre mondiale. Quelle est notre capacité à résister et à s’indigner face à l’injustice ? Comment ne pas céder aux injonctions des dictateurs ? Comment continuer à faire preuve de créativité sans se trahir par faiblesse ?

Le rire est toujours là porté par les corps en mouvement et une parole scandée par des chants quilaissent entrevoir la tragédie qui se noue. En adaptant et en mettant en scène “Ay Carmela !” de José Sanchis Sinisterra, – un des dramaturges et metteurs en scène espagnol les plus primés du théâtre contemporain-  Lionel Sautet met ses pas dans ceux de l’auteur et fait du personnage de Carmela une allégorie de l’Espagne républicaine. La mise en scène pleine d’inventivité et tout en mouvement est soutenue par une scénographie qui ne conserve que l’essentiel. 

Le jeu des comédiens s’appuie sur le mime, la danse et la comedia dell’arte, mettant en valeur une grande précision et beaucoup d’inventivité. Lionel Sautet lui même incarne un Paulino qui a du mal à grandir, Caroline Fay, une Carmela à l’énergie bouillonnante. Formée à ces pratiques, son  jeu théâtral passe du clown à la vitalité et au jeu improvisé du théâtre forum. Les chants a capella issus des répertoire de chants républicains espagnols, surgissent de façon inattendue comme le témoignage de la résistance espagnole sous jacente. Interrompant le rire et la légèreté, ils arrivent comme autant de contrepoints pour soutenir le récit, rythmer l’intrigue et souligner l’ implacabilité de la tragédie qui s’annonce.

La délicatesse des lumières de Raphaël Maulny  ouvre et sculpte un espace où la vie et la mort se côtoient.  “Le monde est petit , mais il va grandir” disait le poète Frederico Garcia Lorca, victime du franquisme. En entrant en empathie, en partageant l’émotion d’une destinée tragique, en  jouant sur le comique de certaines situations et en en montrant le ridicule, les deux comédiens nous permettent de laisser monter ce rire profond qui nous conduit aussi vers les pleurs. Reprenant cette idée de Sony Labou Tansi, écrivain et metteur en scène congolais, Lionel Sautet et Caroline Fay font de leur théâtre “une occasion de donner la chair de poule aux idées”. Ils nous permettent à leurs côtés de danser et de rêver.  

Ay Carmela ! 

D’après José Sanchis Sinisterra

Traduction Angeles Munoz 

Adaptation et mise en scène:  Lionel Sautet

  • Création lumière : Raphaël Maulny
  • Musiques additionnelles : Marwen Kammarti  et Fusta!
  • Costumes et Accessoires : Maïlis Martinsse


 Avec : Caroline Fay Lionel Sautet 

Durée : 1H 15 

Théâtre du Lucernaire – 53 rue Notre Dame des Champs- 75006 Paris

Du 2 Février au 20 Mars 2022 / Du Mardi au Samedi à 21H – Dimanche à 17H30 


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